La Ciotat : nouveau coup de semonce pour l’emploi des chantiers
H2X, principal employeur du site, envisage un vaste plan social
Les nuages s’amoncellent au-dessus des chantiers navals de LaCiotat. Longtemps présentés comme un intouchable Eldorado surfant sur la mode des yachts de luxe, ils sont, eux aussi, rattrapés par la crise. Et après le plan de neuf licenciements chez Compositeworks, deuxième employeur du site, c’est cette fois le premier qui annonce sa volonté de supprimer 45 de ses 84 postes ! La direction a présenté son plan de restructuration aux salariés le 9 juin.

Hier, le comité d’entreprise d’H2X a commencé à en évoquer l’ampleur et les modalités. “La boà®te est dans le rouge financièrement et les banques ne lui feraient plus confiance, confie Bruno Perez, délégué syndical CGT. Et encore une fois, c’est aux salariés qu’on va présenter l’addition…” En fait, H2X a subi trois revers récemment. D’abord son yacht de luxe, le Bradley, audacieux et onéreux catamaran motorisé qui n’a toujours pas trouvé preneur malgré une forte baisse de son prix de vente, passantde 10 à 5,6millions d’euros en deux ans !
Ensuite l’annulation de travaux sur deux autres grosses commandes: la construction du voilier Nahéma et la reconfiguration du Teneo. “Sur ces deux chantiers, les clients nous ont là¢chés”, confie Bruno Perez. à€ ces revers commerciaux s’ajoute, en outre, un incendie dans la salle blanche (le local o๠l’on moule les coques en résine) en mars dernier. Maurice Klein, directeur du développement, confirme l’abandon des chantiers du Nahéma et du Teneo par leurs commanditaires, “de mauvais payeurs qui ont fait beaucoup de mal à l’entreprise, en mobilisant des hommes et des moyens sur des projets qui n’ont pas abouti”.
Problèmes auxquels il faut ajouter “de nombreuses annulations de commandes et de travaux de clients qui préfèrent attendre”, précise-t-il. Résultat, l’actionnaire “ne suit plus et nous demande de revoir notre stratégie”. Les modalités du plan de licenciements -nombre de départs, mesures d’accompagnement- seront précisément définies au cours de trois réunions entre salariés et direction.
Lors de la première, hier, la CGT a souhaité la présence d’un cabinet spécialisé dans les plans sociaux pour accompagner le processus. La direction, elle, déclare vouloir passer la période de gros temps pour “rebondir et réembaucher dès que possible”. Reste à savoir la durée de la mauvaise météo dans le monde du yacht de luxe…
Le marché des superyachts en plein doute
Alberto Spina le confiait à La Provence en mars dernier : pour le coassocié de Compositeworks, “la course aux bateaux de plus en plus grands, de plus en plus chers va se ralentir pour longtemps”, sortie de crise ou pas.
C’est aussi l’avis de Maurice Klein, directeur du développement d’H2X. “Il va falloir repenser notre gamme de produits, estime-t-il. Le temps des très grandes unités, grosses consommatrices en fioul, o๠l’on dépense sans compter pour les aménagements, est révolu.”
En clair, màªme le milliardaire serait en passe de devenir moins flambeur, tant pis pour le bling-bling… Le superyacht n’est pas mort pour autant. “Mais il va falloir le penser autrement, en y incluant des moteurs hybrides, en réfléchissant à des alternatives naturelles aux fibres synthétiques”, estime Maurice Klein.
En attendant l’ère, un rien paradoxale, de la haute plaisance durable, les victimes de la crise se multiplient sur les chantiers. Chez Composite et H2X, donc, mais aussi chez Green Cap, Cap Industrie, Southern Spars…
Category: Shipyard News



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